lundi 12 septembre 2011

Dimanche a la montagne





Amasya

Les dimanches d'Amasya sont des jours de famille et d'amis. Des jours pour se serrer a cinq (maman, papa, les deux adolescentes et le petit) sur un banc de la promenade, pres du cours d'eau vert d'argile pour grignotter un maıs grillé. Des jours pour se mettre du gel dans les cheveux et prendre des photos entre boys sur l'un des ponts qui vont de la vieille ville a la ville moderne, entre les monts rocailleux et escarpés. Des jours pour regarder distraitement les géraniums aux fenetres et les pigeons qui s'élancent au-dessus de la riviere. Des jours pour grimper jusqu'aux tombeaux creusés dans le roc en soulevant ses jupes pour ne pas tomber dans les escaliers de pierre polis par les 2000 ans qui les ont vus. Glissants comme du métal. Mes Converses a semelle lisse y sont aussi efficaces que des patins a roulettes.

Les dimanches d'Amasya, on s'assied sous un arbre devant la mosquée et on papote pendant que les enfants jouent ensemble. D'ailleurs, il semble que la tag soit universelle. et je suis sure qu'en cachette, ils y vont de la version BBQ.

Alors que je savourais une figue fraıche que j'avais payée trois sous au marché, je me servais moi aussi de l'ombre jetée par la mosquée pour passer l'apres-midi. J'observais les hommes s'asseoir a la fontaine; une construction cylindrique avec de petits bancs de pierre disposés tout autour, devant des robinets pres du sol. A l'ombre de la pergola, les hommes se déchaussaient et lavaient soigneusement leurs pieds. Il était presque une heure et c'était bientot l'heure de la priere. Apres avoir bien rincé, ils remettaient leurs chaussures, parfois qu'a moitié, en écrasant les talons et en glissant jusqu'a la mosquée, située a une dizaine de metres derriere. Ils se déchaussaient a nouveau avant d'entrer.

Quelques femmes entraient aussi par la porte désignée, mais sans se laver les pieds. Les autres attendaient dehors, avec les enfants. J'ai d'ailleurs été témoin d'une vigoureuse façon de calmer un bébé qui chiale. Une méthode qui ferait palir les mamans qui tapent de la mousse aux coins trop pointus des meubles du salon.

Le petit devait avoir 2 mois. Il pleurnichait depuis quelques minutes et ni les tapotements de la maman, ni les grimaces de la petite n'arrivaient a le contenter. Alors, avec ce qui je crois était son aınée, ou sa jeune soeur, la maman a pris la doudou du petit, l'a pliée en deux dans le sens de la longueur et a déposé le petit dedans. Elle tenait deux extrémités d'une main pendant que, face a elle, l'aınée tenait les deux autres. Puis, elles se sont mises a balancer la couverture (avec le bébé dedans) de gauche a droite. Avec une force surprenante. Je sentais l'air déplacé par le balancement du hamac de fortune sur mes jambes. Et j'étais en pantalon. Si tot fait, le bébé s'est tut. De peur, je pense bien.

La premiere photo, avec le minou, est de Safranbolu. Les autres sont d'Amasya.

4 commentaires:

  1. Je vais dire comme ton chum, tu es inspirante chère Véro. Chaque fois que je te lis, j'ai comme un goût immense de laisser mes pieds penser à ma place. Pis laisse-moi te dire que j'irais loin. Merci de ces jolis textes tranquilles à regarder vivre la Turquie. C'est apaisant.

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  2. Merci beaucoup ma chere Genevieve! Je suis certaine que tes pieds ne tiendront pas en place bien longtemps... Et puis tu auras bien un divan pour dormir a Bruxelles!

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  3. Hey wow Véro!!! Tu offres un divan avant même avoir vu ton futur appartement!!!
    Mais c'est ok, le bail est signé, l'appart frotté... et il y aura de la place dans le salon pour les invités.
    Alors reviens vite(mais à ton rythme), pour apprécier ton nouveau chez toi!
    Je t'attends...XXX
    Ton mec

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  4. J'envie ce chat qui se prélasse au soleil et que dire de cette fin du jour à Asmasya, wow!
    Je suis d'accord moi aussi avec ton mec ( t'es cute Karl)

    Maman xxxx

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