samedi 7 septembre 2013

Flashback

On s'offre un flashback aujourd'hui. Parce que j'ai accueilli tout à l'heure des amis de retour du Costa Rica, et que leurs histoires et leurs sourires m'ont rappelé un carnet d'avant ce blogue. Un carnet de cuir fermé par un lacet. Et je me suis fait un plaisir d'aller me vautrer dedans en rentrant chez moi. 
C'était il y a quatre ans. Déjà. Un voyage au Costa Rica, avec des croches au Nicarágua et au Panamá. Un mois, avec mon chum. 
Cette histoire est celle d'un voyage pour lequel on était partis avec 30 lbs de stock chacun, et duquel on est revenu avec un sac d'école tout petit, tout petit sac d'école. Un, à deux. Des suites d'une mésaventure dans un taxi nicaraguayen, mésaventure qui implique d'être dropés quelque part dans une bananeraie près de Manágua. Le traumatisme passé, j'avais enfin pu écrire ces quelques lignes dans mon carnet de cuir lacé. 
Ce flashback un peu naïf et maladroit est une histoire de voyage. Une histoire du voyage qui m'a appris à voyager. J'pense.


Quepos, Costa Rica, 15 juin 2009


Des bottes en rubber qui frottent pendant six heures (de marche intensive dans les montagnes) sur des mollets dénudés, ça laisse de jolis trous dans la peau.

Y a quelqu'un, quelque part au Nicarágua, qui a tous mes pantalons. Depuis deux semaines, on voyage avec un sac disons... format réduit. De nos 60 livres de sac à dos du départ, on s'est retrouvé avec plus rien.

— On fait quoi, Véro, on se retrousse les manches et on continue?

— Quelles manches? Y m'ont laissé une camisole.

Même sans manches, on a pris la décision de continuer. On s'est reconstruit vite fait un petit sac, et on a levé l'ancre. À voyager sans rien, on se sent constamment comme quelqu'un qui a quitté la maison en vitesse.

On a perpétuellement l'impression d'avoir oublié quelque chose. Et c'est la dernière affaire qu'on souhaite, parce oublier une chose quand t'as juste cinq choses, ça fesse.

Mais on a tout. Tout ce qui faut, du moins. Sauf peut-être des pantalons.

Pour le voir de façon positive, on peut dire qu'on a optimisé notre mobilité. Des oiseaux migrateurs, on dirait. On n'emporte que nos plumes.

Par ici, ils n'ont pas l'habitude de voir des touristes avec un tout petit bagage. Quand on veut remettre la clé de notre chambre d'hôtel pour sauter dans le premier bus, le dueño rit de notre gueule en nous disant de la garder.

— Non m'sieur. On part pas pour la journée. Si on la garde, tu risques de jamais la revoir.

— Vous allez où?

On va droit devant. On va là où on a envie d'être. Et on a les mêmes bobettes qu'avant-hier.


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