Mazatlán, 9 mai 2013
António nous sert de la limo au resto du bout de la rue. La rue de la mer. Il a fallu 16 heures de bus et trois checkpoints militaires pour arriver là, les cuisses blanches dans nos shorts. Le soleil délie les nœuds du voyage, mais pas seulement ceux-là. Mazatlán, la ville endormie sur le flanc, en cuillère avec la mer. Et moi aussi, je suis venue pour dormir en cuillère avec la mer.
La marée monte, avec elle l'eau froide des bas-fonds que chauffe le puissant soleil. Et nos cuisses blanches dans nos shorts. On ne dit pas grand-chose à table, mais y a consensus sur les crevettes dans l'assiette de Fann.
On marche jusqu'au terminus du bateau qui nous fera rejoindre la Baja. Entre les trucks et leurs chargements, au bout du grand parking de poussière, on achète nos billets dans le kiosque climatisé. Demain la mer, les baleines, peut-être. Please, les baleines.
Mazatlán, plantée au bout du Sinaloa déchiqueté par les cartels, comme les nuages effilochés qui le couvrent. La violence d'un pays qui somnole, mais qui se réveille de temps à autre pour se venger, baiser sa femme et boire un coup. La douloureuse beauté de cette autre Amérique.
La douloureuse bonté d'António, roi de la limo.
Môtel de bord de mer pour dormir en cuillère. 1000 checkpoints plus tard. 1000 checkpoints avant d'arriver chez nous. Enfin.


Quel plaisir! Encorrrrre :-)
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