lundi 28 mai 2012

Une petite renaissance






Rome, 14 mai 2012

Un sourire dans la face tout le long du trajet entre l'aéroport et le centre-ville. Un sourire tout doux comme le rayon de soleil qui se dissout dans la vitre de l'autobus. La végétation en vert émeraude qui annonce le sud, les bâtiments ocre sous la lumière de l'après-midi. Le long de la route, des arbres hauts et plats comme des galets qui rendent les vieux bouts de ruines photogéniques.

Arrivée à la gare. Notre air de voyageuses expérimentées au-dessus de leurs affaires attire une perdue qui veut savoir comment rejoindre son hôtel. Elle nous suit partout comme un petit chien à roulettes (rrrrrrrrrr, bruit de valise sur le pavé).

Étape numéro un: mettre le nez en dehors de la gare. Voyager, mademoiselle, c'est aussi être mêlée dans les transports. Nous, on a le sens de l'aventure, nananère.

On doit prendre un autre bus pour rejoindre l'appartement de Cristina, chez qui on va dormir pour les trois prochains jours.

Deux nounounes qui essaient de rentrer leur billet de bus dans la fente pour la monnaie. Un monsieur plein de compassion qui pointe une autre machine du doigt. Deux nounounes qui comptent les arrêts et qui, beaucoup moins rigoureuses que le nain de Fort Boyard qui comptait les clés, ne sont pas certaines d'être rendues à 3 ou à 4; ça va être beau, faut se rendre à 13. Re-monsieur plein de compassion, un franco-italien, qui se retourne l'air amusé, pour nous rassurer: il va nous indiquer où descendre. Rire jaune. Voyager, mesdemoiselles, c'est aussi être mêlées dans les transports. Et une leçon d'humilité.

Rome qui sent la machine à laver. La mozzarella dans la pizza roulée de Fanny et la fleur de courgette frite avec de la pâte d'anchois.

Le ventre plein, on rentre à la maison, dans ce petit appartement humide où il faut forcer comme des dingues pour fermer à clé de la porte de la salle de bain, pour éviter que le chum de Cristina nous surprenne sous la douche (ou mieux, sur le bol, ou en train de tester le bidet). Sur la tablette au-dessus du lavabo, des bouteilles de parfum à moitié vides. Sur les 4 ou 5 flacons, au moins 3 parfums d'homme. Des dizaines de produits pour les cheveux. Bienvenue en Italie. Hmm. Je voudrais tout à coup que mes guenilles soient moins Gandhi et plus Gucci.

On s'endort déjà, encore un sourire accroché aux coins des lèvres. Pour demain, des ronds sur une carte et nos pieds pour marcher dans la ville Éternelle, vers une petite renaissance.

Photos: 
- Mes pieds qui sont repartis se dégourdir deux semaines en Italie. Revenez ici souvent dans la prochaine semaine, y aura du neuf.
- Oh-so-chic-Italian!
- Mignonne compagnonne sur une Piazza romaine dessinée par Michelangelo.
- Des ruines à contre-jour. Vous pouvez jouer à «Trouver le petit palmier».

2 commentaires:

  1. Hahahaha! Ce texte est tellement fidèle à la réalité.

    J'adore, j'en veux encore!

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  2. Ce que ça fait du bien de te lire. Tu nous transmet ton sourire! Le temps avait l'air merveilleux là-bas. Cynthia

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