Le 16 mai 2012
- On veut aller voir le musée du Vatican demain, et on a entendu dire que c'est moins achalandé le mercredi matin parce que le pape fait son sermon. C'est vrai?
- Sais pas... le pape, c'est pas pour nous qu'il parle!
Cristina et son chum rigolaient bien quand on leur a parlé du pape. Non, ils ne vont jamais écouter son sermon hebdomadaire. D'ailleurs, la poignée de jeunes Italiens qu'on a rencontrée n'est pas catholique. Parfois, ne croit pas en Dieu.
En partant très tôt, on s'est dit qu'on éviterait les foules de toute façon. On est arrivé sur une place St-Pierre au quart pleine de fidèles avec des pancartes. Comme on était derrière, je n'ai pas vu ce qu'elles disaient. « Ben, I want your children », peut-être. C'était bel et bien vrai: le pape allait sortir sur le perron de la basilique dans quelques heures.
Alors, on a défilé entre les riches murs du musée, à regarder les peintures des plus grands artistes italiens. Un peu confuses, comme exclues de cette complicité dans la foi qu'ont les oeuvres d'art qui y sont exposées. J'ai flashé sur une scène où Thomas est à l'écart de la Vierge et d'un groupe d'admirateurs, l'air pas sûr. Je me suis rappelé à quel point ils ont été wise d'inclure dans la Bible un sceptique converti. Du coup, tout devenait crédible. Béton. On se fiait à Thomas pour avoir vérifié. Thomas qui ne croyait rien sans l'avoir vu de ses yeux vu. Mon métier c'est un peu d'être le Thomas du monde. Mais ne vous fiez jamais qu'à moi pour vérifier, parce que je me trompe souvent. Comme Thomas.
Exténuées par cette matinée de tapisserie à crucifix et de chapelle Sixtine bondée, on a fini par prendre une pause dans la cour intérieure avant d'aller faire un tour au sermon du pape. On a mangé des fraises sucrées après quoi j'ai roupillé un peu. Pas que ça m'emmerde, l'art religieux. Mais oui.
- Outch!
J'ai ouvert les yeux pour lancer un regard accusateur à celui qui venait de me lancer un truc sur la tête avant d'apercevoir une mouette de dos qui poursuivait son chemin. Merde.
Fanny a bien rit et moi je me suis lavé les cheveux dans un saint lavabo.
Il y a comme une douce revanche ces jours-ci pour les générations menées par le bout du nez par le curé du village; on peut se mêler des affaires du pape grâce au «Vatileaks», cette affaire de documents confidentiels et embarrassants coulés par le majordome du Saint-Père en chair et or.
La morale de cette histoire, c'est que si vous gavez les mouettes de vos idioties trop longtemps, elles finissent toujours par vous chier sur la tête.
Photos:
- La Place Saint-Pierre pré-pape, au petit matin.
- La Place Saint-Pierre avec un petit pape au loin.
- Un bébé sans yeux au musée du Vatican.
«Mais ne vous fiez jamais qu'à moi pour vérifier, parce que je me trompe souvent.»
RépondreSupprimerAye, tu te discrédites! Arrête ça tout de suite!
Gabriel
Je suis surtout assez humble pour le reconnaître.
RépondreSupprimerVéro, si tout le monde peut se tromper avec élégeance et avec ta façon de voir les choses, alors tant pis pour les 'sans faute'!.Tu n'as pas choisit la meilleure ville pour t'éloigner de l'art religieux ma chère!!!!
RépondreSupprimerCynthia
J'adoooorrrre ta morale à la fin , c'est du grand Foglia à la Véro! xx
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