Lyon
À 4h30 du matin, on a ouvert des petits yeux, ceux de gens en vacances qui écourtent les nuits pour profiter de tout. Avant de partir pour le week-end, fallait baisser les volets métalliques qui recouvrent les fenêtres de Lyon. Des volets comme pour fermer les magasins du Chinatown de New York la nuit, une fois les étals de cuisses de grenouilles rangés. Ceux qui glissent du haut vers le bas, comme une porte de garage.
- Pèse sur le ti-piton Véro, ça monte et ça descend tout seul.
On s'est brossé les dents, on a enfilé nos sacs et on est parti pour la gare. Il y a quatre heures de train entre Lyon et Strasbourg. Et moi, le matin, je peux avoir envie de pisser trois fois en deux heures. Alors dès qu'on a mis le pied dans le train, j'ai couru aux toilettes. Suspendue au-dessus du siège en essayant de garder mon équilibre alors que le TGV avançait sans pitié, j'ai compris le sens de la vie: moins les gens posent le cul sur le bol pour pisser, plus ils échappent de gouttes et moins les autres peuvent s'asseoir et plus ils ajoutent leur pisse au désastre, et ainsi tourne le cercle sans fin de la toilette de train sale.
Lyon, comme la France, a un grand problème d'insécurité. Les gens se barricadent, les quartiers immigrants se ghettoïsent. Volets en acier, grille à l'entrée, code de sécurité pour l'ascenseur... Plus les murs s'élèvent, plus ça devient difficile de se mélanger. Les barrières entretiennent le sentiment aliénant de ne pas faire partie de ce qui se passe à l'intérieur. Et ces gens que l'on échappe entre les mailles du tissu social sont les premiers qui y brûleront des trous. Comme les gouttes de pisse, plus y en a, plus on en a peur, et plus on en crée.
Mais l'analogie ne tient pas jusqu'au bout. Ces gens ne sont pas des gouttes de pisse, ce sont des hommes.
À 4h30 du matin, on a ouvert des petits yeux, ceux de gens en vacances qui écourtent les nuits pour profiter de tout. Avant de partir pour le week-end, fallait baisser les volets métalliques qui recouvrent les fenêtres de Lyon. Des volets comme pour fermer les magasins du Chinatown de New York la nuit, une fois les étals de cuisses de grenouilles rangés. Ceux qui glissent du haut vers le bas, comme une porte de garage.
- Pèse sur le ti-piton Véro, ça monte et ça descend tout seul.
On s'est brossé les dents, on a enfilé nos sacs et on est parti pour la gare. Il y a quatre heures de train entre Lyon et Strasbourg. Et moi, le matin, je peux avoir envie de pisser trois fois en deux heures. Alors dès qu'on a mis le pied dans le train, j'ai couru aux toilettes. Suspendue au-dessus du siège en essayant de garder mon équilibre alors que le TGV avançait sans pitié, j'ai compris le sens de la vie: moins les gens posent le cul sur le bol pour pisser, plus ils échappent de gouttes et moins les autres peuvent s'asseoir et plus ils ajoutent leur pisse au désastre, et ainsi tourne le cercle sans fin de la toilette de train sale.
Lyon, comme la France, a un grand problème d'insécurité. Les gens se barricadent, les quartiers immigrants se ghettoïsent. Volets en acier, grille à l'entrée, code de sécurité pour l'ascenseur... Plus les murs s'élèvent, plus ça devient difficile de se mélanger. Les barrières entretiennent le sentiment aliénant de ne pas faire partie de ce qui se passe à l'intérieur. Et ces gens que l'on échappe entre les mailles du tissu social sont les premiers qui y brûleront des trous. Comme les gouttes de pisse, plus y en a, plus on en a peur, et plus on en crée.
Mais l'analogie ne tient pas jusqu'au bout. Ces gens ne sont pas des gouttes de pisse, ce sont des hommes.
Wow! Je ne connaissait vraiement pas cette version de l'intérieur.Est-ce que ça découle des attentants depuis les évènements du 11 septembre? Merci de partager ça avec nous. XXX
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