Notre Boeing 777 plein à ras bord grugeait les derniers kilometres qui nous séparaient du mythique sous-continent indien. Karl jouait au mini-putt sur son écran interactif incrusté dans le siege du passager devant lui et m’avait subtilisé pour la deuxieme fois ma place coté hublot alors que je faisais la queue pour les toilettes.
J’avais réintégré ma place depuis quelques minutes quand j'aperçus sur mon propre écran que notre avion survolait l’Afghanistan. J’avais vu plus tot le Kazakhstan et la mer Aral, déssechée, presque coupée en deux. Mais rien ne m’avais préparé à survoler l’Afghanistan, ce pays que je ne sais épeler que parce qu’il est imprimé chaque jour dans mon journal depuis peut-etre neuf ans. La preuve, j’ai beaucoup de mal à épeler Kazakhstan.
Le 777 jetait de l’ombre sur Kaboul et Karl et moi jetions sur la ville un regard à la fois fasciné et eprouvé. Et les montagnes immenses et dénudées qui entouraient la vallée étaient à couper le souffle. On a joué à “Ou est Ben Laden?” quelque part dans la cordilliere à la frontiere du Pakistan. On a éprouvé de la compassion à 38 000 pieds dans les airs à la vue d’un immense fleuve sorti de son lit. Quinze minutes plus tard, nous étions déjà sur l’Inde, les Afghans étaient toujours là à faire paitre leurs chevres, et les Pakistanais à pecher dans leur salon.
New Delhi, 8 aout 2010
C'est tout de même fascinant.... le regard que vous avez pu poser à partir des airs me renvoi à l'idée des dieux, omiprésents, déchênant leur puissance.. Paradoxalement, vous sentiez un sentiment d'impuissance....
RépondreSupprimerMais.....Est-ce que vous avez trouvé Ben?
RépondreSupprimerIl semblerait qu'on ne soit ni meilleurs que la CIA, ni de l'ordre de la divinite. Ben est reste cache dans son trou, et nous, on etait effectivement sans mots et impuissants...
RépondreSupprimerBon voyage mes amours, je vois que vous êtes en extase....Profitez-en au max.
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