jeudi 1 mars 2012

Drrrrrrrrrr

Depuis deux semaines et pour encore une de plus il y a sous ma fenêtre une équipe de gars de la construction qui marteau-piquent de 8h à 16h. Drrrrrrrrrrrrr. Tous les jours. Même pas de casque, en plus.

Ça n'est pas si mal parce que ça m'a forcée à déménager dans la verrière pour écrire. La pièce qu'on avait fermée pour l'hiver et qui dans le redoux est redevenue habitable, couverture de polar et thé bien chaud indispensables. J'écris maintenant la face dans le ciel et dans les volées de mouettes. Drrrrrrrrr loin dans le background.

Les gars dans la rue réparent les canalisations sous les trottoirs. Le système de récupération de l'eau, apparemment. Les tuyaux coulent et sont inefficaces. Je suis toujours étonnée quand après quelques jours de drrrrrrrrrr je sors et je vois les trous béants des jours d'avant redevenus des trottoirs. Comme si de rien n'était. Drrrrrrrrrrrrr pouf! Un trottoir à nouveau.

C'est de la grosse job, enlever tout le pavé, crever l'asphalte pour remplacer les tuyaux par des neuf, pour réorganiser le fouillis. C'est pas jojo. Ça aurait été plus facile de creuser des rigoles. On aurait été bons pour un autre 2 ans.

Si je dois écrire dans la verrière, c'est que j'ai des articles à rédiger. Parce que je suis journaliste, depuis avril dernier, diplôme à l'appui. Je suis journaliste et ça m'a coûté 6 600 $ en frais de scolarité pré-hausse pour mes trois ans d'études.

Pendant mon passage à l'UQAM, il y a eu le « scandale de l'Îlot voyageur ». Mon université adorée, l'Université du peuple, avait perdu 300 millions de dollars dans ce projet de résidences étudiantes pour cause de mauvaise gestion et de débordements dans la construction. L'université s'embourbe dans l'immobilier, les tuyaux coulent, et c'est aux étudiants qu'on demande de sacrifier la bière.

En 2011, les journalistes ont enchaîné révélation sur révélation sur les magouilles de l'industrie de la construction et la complicité des élus. Les routes 30 % plus chères que partout ailleurs au Canada? La Commission d'enquête publique, celle que les Libéraux voulaient tant éviter? Les tuyaux coulent, disait-on.

Il y a un problème au royaume des finances publiques. Et c'est pas parce que je coupe sur la bière que ça va être réglé. La hausse des frais de scolarité, c'est une solution aussi débile que de remplacer un système d'évacuation de l'eau en creusant des rigoles en surface. Faudra le refaire dans 2 ans. Les tuyaux coulent, 'sti.

3 commentaires:

  1. À regarder le Québec de loin et à écouter ceux qui en parlent, on a parfois l'impression que nos tuyaux coulent plus que chez le voisin.

    Bon pour nous, c'est peut-être la plomberie, mais ailleurs c'est aussi l'électricité, l'isolation des fenêtres, ou encore pire, la moisissure.

    Face à ceux qui voudraient nous faire croire que notre maison est bonne pour le pic des démolisseur, il faudrait opposer le savoir et la réflexion, mais tsé, pas le temps, on a quand même des rigoles à creuser...

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  2. Bravo Véro ! Bravo Gab! Je rêve d'un monde où toutes les personnes qui gèrent l'argent des autres , c'est à dire la nôtre, le feraient comme si c'était celle qu'ils avaient gagné à la sueur de leur front. J'ai bien dis rêve..... En attendant nos chers politiciens et leurs mafia légal nous endorment : c'est notre intérêt qui compte...et les tuyaux coulent....Je crois moi aussi que contrairement à d'autre pays notre maison n'est pas encore bonne pour la démolition, juste des travaux majeurs :-)Ce n'est pas en coupant les loisirs aux étudiants que la dette va s'effacer.On est loin des comptes de dépenses de nos cher élus. Je propose plus tôt d'obliger le dépôt direct pour tous les chèques gouvernemental et quelques millions tomberaient dans les coffres!

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  3. Ce qui m'insupporte le plus dans ce débat, c'est qu'on traite es étudiants de paresseux et de profiteurs. On voit partout en Europe des pays dont les étudiants paient la moitié moins en frais de scolarité et dont le diplôme vaut tout autant en bout de ligne. On parle d'une Europe en bien pire posture que nous niveau économique, et qui ne touche pas à l'accès aux études. Peut-être a-t-elle compris que le savoir est sa seule planche de salut devant la montée des économies émergentes?

    Et on peut bien citer des raisons économiques de favoriser l'accès aux études, mais elles restent secondaires. En ce sens, je suis tout à fait d'accord avec Gab; le savoir et la réflexion sont aussi notre seule planche de salut devant la montée des extrémisme et du populisme. Et c'est encore à l'école, au contact des autres, qu'on apprend à penser. Entre autres parce qu'on ne lit plus de livres.

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