Bruxelles
Par la fenêtre du salon, je vois cette énorme grue qui trace un deuxième horizon, au-dessus des toits de tuiles. Des volées d'oiseaux vont et viennent et piaillent entre les poutres d'acier. Ils partent en groupe. Puis l'essaim revient sur ses pas, comme effrayé de quitter la structure qui lui offre, semble-t-il croire, la plus belle vue sur Bruxelles.
Mais Bruxelles se cache plutôt entre les dalles du pavé croche à s'en tordre les chevilles un doux soir de brasserie. Elle se cache dans ces appartements où se rassemblent de jeunes adultes tous habillés comme des étudiants de l'UQAM (ESG à part*). Des acrobates espagnoles, des architectes français, des Italiennes qui aiment flirter, des Italiens qui aiment danser. Bruxelles, ce sont ces vitrines de librairies qui alignent des titres qui contiennent tous les mots «marxisme», «bio» ou «équitable». Ces filles aux cheveux en bataille qui fument la clope en sautant le souper pour aller danser la salsa dans une salle obscure sous un viaduc tapissé de graffitis.
Bruxelles, c'est cette petite Marocaine que je vois chaque jour faire des commissions. Pour sa maman, j'imagine. Du beurre, des pommes. Elle se hisse sur la pointe des pieds en tendant le billet de 20 au caissier et elle repart en trottinant. Bruxelles, ce sont ces jeunes ados qui fument du tabac à rouler et qui quêtent des filtres et du papier.
Bruxelles, au final, c'est un peu n'importe quoi. Mais c'est impossible de l'apprécier pour ce qu'elle est perché du haut d'une grue. Faut prendre le risque de se tordre la cheville sur ses trottoirs. Bruxelles, c'est la vie. Tralalère.
* Désolée pour la blague que seuls les initiés du temple brun peuvent comprendre.
Magnifique, j'adooooorrrrrre te lire, j'aime visiter Bruxelles aux travers tes mots. C'est comme du sucre à la crème , j'ai hâte au prochain....
RépondreSupprimerMaman
Je défile tes billets un après l'autre, je l'avoue, j'ai pris du retard! Shame on me!
RépondreSupprimerJ'ai l'impression que ce texte est un mélange de ta lunette polarisée et de la vie quotidenne. Je perçois un certain équilibre entre le quotidien et le voyage, ou c'est peut-être plus le voyage du quotodien... Je n'ai pas encore décidé! :P
Quoi qu'il en soit, c'est dans les détails comme ça qu'on apprend à "connaître" une ville, surtout pour nous, qui te lisons de loin.
Ta mère a raison, c'est du sucre à la crème.
J'ai eu beaucoup de cours dans le pavillon de l'école des sciences de la gestion... Ahah!
Je t'aime