lundi 16 avril 2012

Le redoux

St-Paul d'Abbotsford, Québec


Le temps doux a atterri à Montréal-Trudeau il y a quelques jours. Valise en main, il rentre au pays, avec les outardes. Rien n’a changé. Mais tout est à faire refleurir. Il reprend son jardin là où il l’avait laissé en septembre.

Le temps doux donne le signal pour le tune up avant la saison des gougounes. Je l’ai déjà dit: on ne pense à rien, en gougounes. Les soirs de campagne, ça sent le feu de branches. La merde à répandre dans les champs. C’est le temps de faire le tour de ses bébelles et de se demander si on fait une autre année avec, sans toucher à rien. Si on doit réparer, rénover. Ou si c’est bon pour la scrap. Canadian Tire a compris que le dilemme est récurrent: chaque année, c’est le temps des soldes sur les tondeuses. Pour rendre la troisième option plus alléchante.

- Enweye, t’auras jamais vu ça, un beau gazon de même.

Un retour à la maison après des mois d’absence, ça a l’effet du redoux sur les humeurs. Tout à coup se met à clignoter le voyant jaune qui appelle au tune up. Si on est chanceux, on se rend compte que notre vie, comme elle est, peut encore tenir le coup quelques années. On la trouve encore belle, et on n’est pas gêné de la montrer à nos voisins. Parfois, il faut passer une ou deux fins de semaine en salopette et calotte du Grand Prix à rafraîchir la peinture. Si on l’a trop négligée, il faut continuer ce qu’on avait forcément commencé parce qu’on a entamé le voyage; il faut en remplacer des grands bouttes.

J’ai sorti ma salopette. Et, bizarrement, ce sont des vieux fonds de pots qui donneront un coup de jeunesse à ma vie. Des couleurs pas piquées des vers qui traînaient dans un coin.

Alors, vous rénovez, vous, ce printemps?